Sunnyside

Roland Petit à l'opéra Garnier

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L'Opéra Garnier est un lieu magique. On se demande comment un homme a pu imaginer un lieu aussi grandiose.
Avec ma cousine on arrive dans ce haut lieu, on se dirige avec nos billets au 2ème étage comme indiqué et on ne voit que des portes fermées, certainement les loges. On se dit "ca ne peut pas être ça". Finalement une hotesse nous accompagne jusqu'à la loge n°16, elle l'ouvre avec une clé spéciale et là merveille. On entre et je me vois avec une superbe robe bouffante, l'éventail à la main. Avec gràce, je m'asseois sur le siège en velours rouge n°1, juste devant. La vue est nickel, on voit toute la scène. On a l'impression de revivre une des soirées tout à fait ordinaire de grandes bourgeoises du début du siècle.
Un rêve se réalise.



Le spectacle était une soirée consacrée au grand chorégraphe classique Roland Petit.


Trois de ses ballets mythiques ont été choisi pour lui rendre hommage. L'Arlésienne, Le Jeune homme et la Mort et Carmen.


L'Arlésienne est à la base une nouvelle des Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet puis a été adapté en pièce de théâtre toujours par Daudet sur une musique de Bizet. C'est de cette pièce dont s'est inspiré Petit.
L'histoire raconte les tourments de Frederi amoureux de la belle Arlésienne infidèle. Il consent tout de même à épouser Vivette une amie d'enfance mais il aime toujours l'Arlésienne. Il finit par se donner la mort en se jetant par la fenêtre du grenier alors que les paysans qui fêtent la Sainte-Eloi dansent la farandole.
Jamais on ne voit l'Arlésienne. Elle est comme un fantôme qui hante l'esprit du jeune Frederi. Vivette et les autre villageois tentent de lui redonner le sourire. Sans cesse tournée vers Federi, sa main sur sa joue pour le consoler Vivette veut l'amener à elle. Mais le jeune homme dont la passion déchire tout son être se recroqueville sur lui même pour finir s'envoler dans un saut de l'ange par la fenêtre grande ouverte et sur une dernière note à vous paralyser sur place. Ce final absolument grandiose, interprété par Jérémie Bélingard m'a littéralement scotché sur place.
jérémi Bélingard, Frederi
Jérémie Bélingard (Frederi)

opéra Garnier
entracte


le jeune homme et la mort
Le Jeune homme et le Mort a été imaginé en 1946 par Petit et Cocteau. A l'ouverture un jeune homme seul dans une chambre de bonne parisienne fume allongé sur son lit. La solitude le déprime. C'est là qu'entre la femme fatale. Une robe jaune éclatante, des gants de velours noirs qui contrastent avec la salopette miteuse du jeune homme. Ils s'étreignent, elle le repousse, le bat, se joue de lui et finit par lui montrer la corde pendu à la poutre.
Gillot & Le Riche
Marie-Agnès Gillot et Nicolas Le Riche

Il meurt. La masarde s'envole laissant voir les toits de Paris dans la nuit. La Mort,masquée vient le rejoindre. Elle ote son masque et le pose sur le visage du jeune homme, c'est la femme. Et tout deux s'en vont sur les toits.
Le décor signé Georges Wakhevitch est magnifique. "Le tout par l'éclairage dur, les ombres portées, le splendide, le sordide, le noble, l'ignoble, aura l'allure du monde de Baudelaire" (argument de Jean Cocteau).
Nicolas Le Riche
Nicolas Le Riche



Carmen est d'abord une nouvelle de Prosper Mérimée puis Georges Bizet en fit un célèbre opéra dont on connait tous l'air par coeur. Roland Petit a donc imaginé une chorégraphie sur la musique de Bizet. La modernité de la danse de Petit se ressent beaucoup dans ce ballet comme dans les autres d'ailleurs. Les en-dedans, le jeu avec les chaises. Violence et passions tragiques se déchaînent dans ce Carmen endiablé. Les bad boys et les filles de joies entonnent en choeur "l'amour est enfant de bohème" dans des mouvements de bras saccadés et droits tandis que Carmen et Don José se font la cour. La fin tragique survient quand Carmen la femme libre de toutes contraintes refuse de suivre Don José. Ils se défient comme le toréador et le taureau puis c'est la fin. Il assène son poignard dans le corps de sa Carmen qui s'éffondre dans ses bras.
Costumes, décors (Antoni Clavé), musique, tout en harmonie avec cette tragédie rouge sang, passionnée et violente.

Clairemarie Osta et Nicolas Le Riche


Trois ballets où se conjuguent la passion, la violence des âmes et trois ballets dans lesquels est représenté tout l'art de ce maître de la danse classique. J'ai été impressioné par la beauté des figures, de la mise en scène vive et en accord parfait avec le musique mais aussi par une grande modernité. Il y a des en-dedans jamais représentés en classique et des sauts sur les chaises et les tables.
Les danseurs de l'Opéra de Paris beaux et charismatiques m'ont fait vibrer comme rarement je l'ai été. C'était comme je l'avais prédit : magique.


Orchestre Colonne
direction musicale Paul Connelly


L'Arlésienne
30è représentation.
chorégraphie : Roland Petit (1974) d'après la nouvelle et le pièce d'Alphonse Daudet
musique : Georges Bizet Suites n°1 et 2
décor d'arès René Allio - costumes Christine Laurent

Ballet entré au répertoire de l'Opéra de Paris en 1997

Vivette Eleonora Abbagnato - Frederi Jérémie Bélingard

Caroline Bance, Aurélia Bellet, Dorothée Gilbert, Miteki Kudo, Laurence Laffon, Muriel Zusperreguy, Eve Grinsztajn, Séverine Westermann, Bruno Bouchet, Guillaume Charlot, Sébastien Bertaud, Vincent Chaillet, Martin Chaix, Vincent Cordier, Jean-Philippe Dury, Alexis Renaud

durée : 35 min

entracte : 25 min


Le Jeune homme et la Mort
54è représentation

chorégraphie : Roland Petit (1946) sur un argument de Jean Cocteau
musique : Johann Sebastian Bach Passacaille en do mineur, BWV 582 orchestration d'Ottorino Resighi
décor Georges Wakhevitch - costumes d'après Karinska

Ballet entré au répertoire de l'Opéra de Paris en 1990

Nicolas Le Riche - Marie-Agnès Gillot

durée : 20 min

entracte : 20 min


Carmen
45è représentation.
chorégraphie : Roland Petit (1949) d'après la nouvelle de Prosper Mérimée
musique : Georges Bizet arrangements de G. Tommy Desserre
décors et costumes Antoni Clavé

Ballet entré au répertoire de l'Opéra de Paris en 1990

Carmen Clairemarie Osta - Don José Nicolas Le Riche

Les chefs des brigands Dorothée Gilbert, Alexis Renaud, Martin Chaix
Escamillo Guillaume Charlot
Caroline Bance, Aurélia Bellet, Miteki Kudo, Laurence Laffon, Muriel Zusperreguy, Sara Kora Dayanova, Alice Renavant,Eve Grinsztajn, Séverine Westermann, Marie-Isabelle Peracchi, Bruno Bouchet, Sébastien Bertaud, Vincent Chaillet, Vincent Cordier, Jean-Philippe Dury, Erwan Le Roux, Samuel Murez, Francesco Vantaggio

durée : 45 min


assistant du chorégraphe Luigi Bogino
répétitions Loipa Araujo, Jan Broeckx
lumières réalisée par Jean-Michel Désiré
et pour ce programme de ballets
assistant-maître de ballet Fabrice Bourgeois

Vos commentaires

1 Le Dimanche 7 Aout 2005 à 15:40 GMT+2, par Tchaikov

bonjour moi j'etai la l'opera le soir de la prmeiere je suis danseur. je recherche des fotos de jeremeie belingard mais malheureusement mon ordinateur n'affiche aps celle ou il interprete le role de frederi. pouvez vou me l'envoyer par mail. merci beaucoup. [ANTISPAM: Format incorrect!]

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