Sunnyside

Le grand voyage



Dans Le grand voyage, Jorge Semprun raconte son experience de la résistance et de la déportation jusqu'à Buchenwald quand il était encore adolescent. Son écriture est vive, tranchée comme le bruit des roues du train de marchandises qui l'emmène vers l'inomable. Il raconte aussi la libération du camp. Ces gens qui avait une "vue imprenable" sur le four crématoire. C'est parfois comique comme l'administration française qui ne veut pas lui donner les cigarettes parcequ'il est espagnol et ce copain qui fait un scandale. Mais c'est souvent insoutenable à l'image de ces chiens SS lancés sur un groupe d'enfants à l'entrée d'un camp.

extrait
Il y a un groupe de civils allemands qui ont pénétré sur le quai. Des hommes et des femes. Ca doit être des personnalités du coin, auxquelles on a permis de venir voir le spectacle de plus près. Ils rient aux larmes, avec de grands gestes, et les femmes poussent des gloussements hystériques. Nous cherchons le motif de leur agitation.
"Et bien, merde! dit le gars de Sémur.
C'est les gars du deuxième wagon après le nôtre, ils sont tout nus.


édition Gallimard, Folio n°276

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