Charles Chaplin
Charles Chaplin était ce que l'on appelle un génie, au sens fort du terme. Pour moi il était aussi génial que Léonard de Vinci, Molière ou qui vous voulez. Il a su par son talent faire rire toute la planète. Mais aussi la faire pleurer parfois, et là est le génie.
Chaplin est né dans un quartier pauvre de Londres le 16 avril 1889 (4 jours avant Hitler
). Il fait ses premiers pas d'artiste à l'âge de 5 ans remplacant sa mère sur scène. Il entre très jeune dans la troupe Karno, grâce à son frère Sidney. Avec elle il tourne dans toute l'Europe puis dans tous les Etats-Unis. A son second voyage aux USA en 1914 il décide d'y rester et se fait engager à la Keystone chez Mack Sennet le roi de la comédie au cinéma. Il crée presqu' immédiatement son personnage du vagabond. Il apprend vite le métier de cinéaste et fait ses premières armes avec succés. Ses films sont des triomphes et tout le monde acclame Charlot.
En 1918, il fait enfin construire son propre studio à Hollywood. Il est totalement indépendant. Aussi bien réalisateur de ses films mais aussi scénariste, acteur, producteur et même compositeur. Avec Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D.W.Griffith il fonde United Artists qui fera faillite quelques années plus tard.
Un malheur survient en 1919 quand son premier enfant meurt à 3 jours. Effondré, il se réfugie dans le travail (son seul véritable amour) et commence la réalisation de The Kid, son premier long métrage.
Il mettra environ un an à le tourner (comme d'habitude) et contentra les distributeurs impatients en réalisant Une idylle aux champs (Sunnyside; et oui ça vient de là
).
Il divorce difficilement de Mildred Harris (20 ans) en 1921. Plus tard il épouse de force Lita Grey, 17 ans et enceinte. Elle lui donnera 2 enfants et aura encore un divorce difficile. Il rencontre Paulette Goddard (21 ans) et lui donne le rôle de la gamine dans Les Temps modernes (1936). Finalement ils divorceront, Paulette Goddard ne pouvant faire face au travail de Chaplin qui lui consacre tout son temps, souvent jusqu'à l'épuisement.
En 1940 sort Le dictateur, manifeste comique contre Hitler qu'il prend pour un clown qui lui aurait volé sa moustache
.
Chaplin est traité de juif (c'est faux mais il ne le dément pas. Sidney qui est en fait son demi-frère l'est).
En 1946, Monsieux Verdoux marque la mort symbolique de Charlot. Plus tard avec la guerre froide et la chasse aux sorcière il sera traité cette fois de communiste et donc de traitre envers les Etats-Unis, surtout qu'il n'a jamais voulu de la nationalité américaine. Il est banni des USA et se réfugie avec sa nouvelle épouse Oona O'Neil (de 37 ans sa cadette. Décidemment
) en Suisse à Vevey.
Et en 1952 il réalise Les feux de la rampe, histoire d'un clown déchu qui laisse sa place aux jeunes. En effet, depuis le parlant il a toujours eu cette peur de ne plus être reconnu et aimé. En 1957 il réalise Un roi à New-York contre cette chasse aux sorcières qui lui a fait quitter son pays adoptif. Enfin, son dernier film, La comtesse de Hong Kong avec Sofia Loren et Marlon Brando qu'il réalise en 1967.
Charlie Chaplin n'aura jamais cessé de travailler pour le cinéma. Jusqu'à sa mort, à Noël 1977 il avait encore des projets de film. Il a su par son talent surmonter l'arrivée du parlant, là ou beaucoup d'autres ont échoué. Encore aujourd'hui il est considéré comme un maître et il est à jamais entré dans l'histoire du cinéma.
http://www.charliechaplin.com//
http://www.charles-chaplin.net//
Sa filmographie (les longs)
The Kid (Le Gosse), (1921)
A woman of Paris (L'Opinion publique), (1923)
The Gold Rush (La Ruée vers l'or), (1925)
The Circus (Le Cirque), (1927)
City Lights (Les Lumières de la ville), (1931)
Modern Times (Les Temps modernes), (1936)
The Great Dictator (Le Dictateur), (1940)
Monsieur Verdoux (Monsieur Verdoux), (1947)
Limelight (Les Feux de la rampe), (1952)
A King in New-York (Un Roi à New-York), (1957)
A Countess of Hong Kong (La Comtesse de Hong Kong), (1967)
Ouvrages importants
Ma modeste biographie est loin d'être exhaustive. Si vous voulez vraiment connaître Chaplin il faut lire l'oeuvre majeure à son propos, Chaplin, his life, his art de David Robinson. Il a receuilli un immense reservoir de données qui donne au final 534 pages très agréables à lire et passionantes. Il parle à la fois de l'homme qu'était Chaplin à la ville et à la fois du cinéaste. A la fois les déboires de vie privée et ceux de ses films qui sont souvent très liés.
Pour connaître l'histoire de Chaplin et de ses films.
Aussi épais que la bio, l'autobiographie de Chaplin écrit en 1964. Dans My autobiography (Histoire de ma vie) Chaplin raconte donc sa vie mais, et c'est le reproche qui lui a été fait, pas beaucoup de son cinéma. Il évoque avec fierté ses amitiés avec les grands de ce monde (Gandhi, Einstein, Churchill,...), des anecdotes qui lui sont arrivés. C'est très drôle (j'ai piqué de ces foux rires) comme ses films, et aussi parfois émouvant lorsqu'il parle de son épouse Oona avec énormément de tendresse. Il se lit très facilement et comme un roman.
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Charlie Chaplin a été écrit par André Bazin, préfacé par François Truffaut et achevé par Eric Rohmer. Trois grands critiques de cinéma pour un grand cinéaste. Rohmer a juste écrit sur La Comtesse de Hong Kong puisque Bazin est mort avant. Sinon Bazin a critiqué tous les autres films de Chaplin. Il était un passioné du cinéaste mais en grand critique il était très objectif tout de même. Même si la plupart des films sont adorés, Bazin remarque avec intelligence quelques bémols dans sa filmographie.
Il y a beaucoup d'autres ouvrages intéressant sur Charlie Chaplin comme la bio du grand cinéaste Eseinstein mais je ne l'ai pas lu.
Citations
Vous comprenez, ce personnage a plusieurs facettes; c'est en même temps un vagabond, un gentleman, un poète, un rêveur, un type esseulé, toujours épris de romanesque et d'aventure. Il voudrait faire croire qu'il est un savant, un musicien, un duc, un joueur de polo. Mais il ne dédaigne pas ramasser des mégots ni chiper son sucre d'orge à un bébé. Et bien sûr, si l'occasion s'en présente, il flanquera volontier un coup de pied dans le derrière d'une dame...mais uniquement s'il est furieux.
Histoire de ma vie, Charles Chaplin.
Qu'évoque mon nom dans l'esprit de l'homme de la rue? Une petite silouhette pathétique mal vêtue, un chapeau melon cabossé, un pantalon-sac, de grandes chaussures et une canne prétentieuse. Oui cette canne est vraiment importante pour mon personnage. Elle constitue toute ma philosophie. Non seulement je la conserve comme emblême de respectabilité, mais, avec elle, je défie le destin et l'adversité. Ce pauvre petit être craintif, chétif, mal nourri que je présente à l'écran n'est en effet jamais la proie de ceux qui le tourmentent. Il s'élève au-dessus de ses souffrances; victime de circonstances malheureuses, il se refuse à accepter la défaite. Lorsque ses espoirs, ses rêves, ses aspirations s'évanouissent dans la futilité et le néant, il secoue simplement ses épaules et tourne les talons.
Il est assez paradoxal de constater que ce masque tragique a créé plus de rires qu'aucune autre figure de l'écran ou de la scène. Cela prouve que le rire est bien proche des larmes ou réciproquement.
Charles Chaplin, Pourquoi j'ai choisi comme type
le déshérité du monde, Le Petit Provençal, 6 février 1931.
Par sunny, Lundi 6 Juin 2005 à 18:52 GMT+2 dans cinéma (article, RSS)







